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Forum Chrétien Confessant Forum consacré à la protestation de la Foi Chrétienne traditionnelle
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Athanasius Administrateurs

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Posted: Tue 18 Dec - 19:05 Post subject: Morale janséniste de Jean-Martin Moye... |
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Jean-Martin Moye Instructions (faites dans des missions paroissiales) vers 1785 :
sur la manière de bien faire ses actions
INSTRUCTION POUR LES GARÇONS
Tentations du démon pour perdre la Jeunesse
Moyens de les surmonter
PREMIÈRE TENTATION :
l’impureté
Une des plus terribles tentations que le démon suscite aux jeunes garçons, c’est celle de l’impureté, qui entraîne chaque jour des milliers d’âmes dans les enfers. Comme la jeunesse est amatrice du plaisir sensuel, le démon lui propose le plaisir infâme de l’impureté comme une amorce pour l’attirer à lui, la séduire et la corrompre ; et quand un jeune homme est une fois engagé dans cette honteuse passion, il a toutes les peines imaginables de s’en défaire. Nous lisons dans l’évangile qu’un père amena son fils à Jésus-Christ pour le délivrer d’un démon qui le possédait. Dans l’absence du Sauveur, cet homme présente son fils aux disciples pour le délivrer, mais ils ne purent chasser ce démon opiniâtre, qui était un démon d’impureté. Lors même que Jésus-Christ vint et commandait à ce démon de sortir, il jetait ce jeune par terre, écumait, et faisait des contorsions. Le Sauveur permit ces résistances de l’esprit impur pour nous apprendre combien il est difficile de le chasser quand il s’est une fois emparé du cœur des jeunes gens. Les disciples demandèrent au Sauveur pourquoi ils n’avaient pu chasser ce malin esprit. C’est, leur
Voilà les armes qu’il faut employer pour vaincre et chasser le démon et la tentation d’impureté : c’est la prière, le jeûne, la mortification des sens. Aussitôt qu’on sent quelque attrait pour ce vice infâme il faut penser à la Passion du Sauveur, regarder au moins en esprit Jésus-Christ crucifié et se dire à soi-même : " Comment, malheureux que je suis, voilà mon Sauveur et mon Dieu qui souffre des tourments inexprimables dans son corps pour expier mes péchés, et moi je voudrais me livrer à des plaisirs honteux(...) ? ". Il faut penser à la flagellation de Jésus-Christ et faire réflexion que c’est pour expier les voluptés charnelles que Jésus-Christ a souffert cette cruelle flagellation dans son corps, le péché de se livrer à l’infâme passion de l’impureté ou par des attouchements déshonnêtes, ou par des libertés criminelles, ou quelqu’autre crime que ce soit, commis seul ou avec d’autres personnes d’un même sexe ou d’un autre sexe, circonstances qui changent l’espèce(...). Dans la tentation il faut faire souffrir son corps et surmonter les charmes du plaisir par la violence de la douleur. C’est ainsi que saint Benoît surmonta une furieuse tentation que le démon excitait contre lui, en se roulant dans des épines. Un saint solitaire se délivra de la même tentation en mettant ses pieds sur des charbons ardents : " Éprouve ", se disait-il en lui-même, " si tu pourras souffrir les feux de l’enfer ". Pour conserver le précieux trésor de la chasteté il faut demander cette vertu à Dieu, car c’est un don de Dieu, qu’on ne peut avoir de soi-même.(...) Il faut avoir aussi une grande vigilance sur tous ses sens, sur ses yeux pour ne pas se permettre des regards trop libres, sur ses oreilles pour les fermer à des paroles impures, à des chansons déshonnêtes, sur ses mains pour ne prendre aucune liberté, surtout avec les personnes d’un autre sexe, enfin, ne se permettre aucune familiarité avec elles. Car c’est encore là une tentation bien dangereuse pour les jeunes gens. _________________ Christus heri, hodie ipse et in aeternam-SEMPER IDEM(Heb.XIII/viii)
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Athanasius Administrateurs

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Posted: Tue 18 Dec - 19:23 Post subject: Morale janséniste de Jean-Martin Moye... |
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TRAITÉ SUR L'ESPRIT DU MONDE
Jean-Martin Moye
Chapitre XV
De l'horreur qu'un Chrétien doit avoir
de l'esprit du Monde 1774
Puisque l'esprit du monde est si opposé à celui de Jésus-Christ, puisqu'il est la source de tant de maux, puisqu'il éteint les lumières de la Foi et qu'il obscurcit celles de la droite raison après avoir corrompu les sentiments du cœur, quelle horreur un vrai Chrétien ne doit-il pas avoir de ce damnable esprit ? Avec quelles précautions ne doit-il pas s'en garantir ? Ne nous étonnons donc plus que Jésus-Christ a frappé le monde de ses anathèmes et l'a chargé de ses malédictions les plus terribles : Væ mundo ! " Malheur au monde ! " (Mt 18, 7 ; Jn 12, 31…). Ne soyons pas surpris si l'Église nous fait renoncer au monde sur les Fonds du Baptême, en même temps qu'elle nous fait renoncer à Satan. C'est que le monde est pour nous un ennemi aussi à craindre que le démon. Et souvent ce que le démon ne peut faire par lui-même il le fait par le secours du monde. Ceux qu'il ne peut entraîner par ses suggestions impures il les séduit par les mauvaises maximes du monde, par les vanités du monde, par les mauvais exemples du monde. Et s'il ne peut venir à bout par lui-même d'éloigner une âme de la pratique de la vertu, il emploie pour cela les discours, les railleries, et les persécutions du monde.
Un Chrétien doit avoir encore plus d'éloignement pour les maximes et les vanités du monde qu'un mondain n'en a pour les maximes les plus sévères de la morale de l'évangile. Le monde est l'ennemi de Dieu, l'abomination du Christianisme, le scandale de la Religion, le corrupteur de la vertu, et le persécuteur des serviteurs de Jésus-Christ. Que de puissants motifs pour nous en inspirer l'horreur ! L'esprit du monde est celui du démon même ; les maximes du monde sont celles de Satan. Comment un Chrétien peut-il les suivre ? Comment peut-il les aimer ? Comment peut-il seulement les souffrir, ou les entendre sans les détester ? _________________ Christus heri, hodie ipse et in aeternam-SEMPER IDEM(Heb.XIII/viii)
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Posted: Tue 18 Dec - 19:23 Post subject: Morale janséniste de Jean-Martin Moye... |
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Chapitre XVI
Des moyens de se préserver
de la corruption du Monde
Le premier, c'est d'en éviter le commerce, de le fuir, de s'en éloigner, selon ces paroles de l'Écriture, Fugite de medio Babylonis ! (Jr 1, 6). " Fuyez du milieu de Babylone ! ". Car cette fameuse Babylone de l'Apocalypse, qui a persécuté les Saints, qui s'est enivré du sang des Martyrs, et qui a abreuvé toutes les Nations du vin de ses prostitutions, c'est le monde corrompu. Saint Jean la représente sous la figure d'une prostituée assise sur la bête, c'est-à-dire sur le démon, revêtue de pourpre et d'écarlate, ornée d'or et de pierreries, tenant en mains une coupe pleine d'abominations et d'impureté, ayant son nom écrit sur son front.
La grande Babylone est la mère des fornications et des abominations de la terre ; mais le faste de cette Babylone superbe durera peu. Le chapitre suivant nous montre déjà cette fameuse Ville renversée en punition de ses crimes et devenue la demeure des esprits immondes. Cecidit Babylonia magna (Ap 18, 2). Les Anges applaudissent à sa destruction et se réjouissent des vengeances terribles que le Seigneur exerce sur elle. " Ses péchés sont montés jusqu'au Ciel, et le Seigneur s'est ressouvenu de ses iniquités. Rendez-lui au double ses œuvres ; faites-lui ressentir autant de tourments qu'elle se sera élevée et qu'elle aura été dans les délices " (Ap 18, 5-7). Toutes ces images nous représentent vivement la chute du monde, le renversement subit des grandeurs et des prospérités mondaines, et les châtiments effroyables dont elles seront suivies. " Dans un jour les fléaux les plus terribles, la mort, le deuil, la faim, viendront fondre sur elle ; elle sera brûlée et consumée dans un feu dévorant, parce que le Seigneur Tout-puissant la jugera " (Ap 18,8 ). Voilà quelle sera la triste fin du monde et de ses vanités ! Voilà quel sera le sort de ceux qui l'auront aimé et qui s'y seront attachés ! Ils seront enveloppés dans sa ruine ; ils auront part à tous ses châtiments comme ils auront eu part à ses crimes.
Quelle conséquence devons-nous tirer de tout cela ? La voici : saint Jean l'entendit par une voix qui venait du Ciel : Exite de illa, populus meus... " Sortez de cette Babylone perverse. Pourquoi ? De peut que vous ne vous rendiez coupables de ses péchés et que vous ne soyez participants de ses malheurs " ; ...ut ne participes sitis delictorum ejus et de plagis ejus non accipiatis (Ap18, 4). Ce sont là deux motifs bien puissants pour nous porter à fuir le monde et à nous en séparer : le danger de nous rendre complices de ses crimes et compagnons de ses malheurs.
Qu'il est difficile de fréquenter le monde sans se laisser corrompre par ses discours ou par ses exemples [Voyez le deuxième chapitre de l'Imitation. Note de l'auteur] !
Le plus sûr est donc de se tenir dans la retraite et le silence. Et c'est le plus grand abus qui fut jamais, de dire qu il faille voir le monde pour en connaître la vanité. Avant qu'on ait senti la vanité du monde on en aura contracté toute la corruption. On aura beau connaître par expérience le néant et le vide de toutes les choses du monde, on aura toutes les peines imaginables à s'en détacher, car il est bien plus aisé de se préserver du mal en lui fermant les avenues de son cœur que de l'en arracher quand une fois il y est entré.
Comment après cela peut-on dire qu'il est bon de faire voir le monde aux jeunes gens pour leur en donner l'expérience, puisque c'est surtout pour la jeunesse qu'il est le plus séduisant et le plus dangereux ? Ne serait-ce pas une folie et une extravagance d'exposer une personne à un air contagieux pour lui apprendre à se garantir de la peste par sa propre expérience ? _________________ Christus heri, hodie ipse et in aeternam-SEMPER IDEM(Heb.XIII/viii)
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Posted: Tue 18 Dec - 19:24 Post subject: Morale janséniste de Jean-Martin Moye... |
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Chapitre XVII
Comment les personnes qui sont obligées
par état de vivre dans le monde
doivent se comporter
pour ne pas en contracter la corruption
Comme il n'est pas possible à toutes les personnes de se séparer du monde, puisqu'il en est beaucoup qui sont engagées par état à vivre au milieu du monde, voici quels sont les moyens dont on se servira pour se garantir de la contagion.
1° On évitera avec soin de se trouver jamais dans la compagnie des personnes dont les discours impies et les exemples contagieux pourraient nous entraîner dans le crime. On évitera aussi celles qui aiment à parler sur le compte du prochain, ou qui tiennent des propos indécents et celles qui ont l'esprit du monde, dont toutes les conversations roulent sur les biens, les honneurs, les plaisirs, et les vanités du monde. Et l'on ne contractera amitié qu'avec celles dont les mœurs sont pures, les discours chastes, et les exemples édifiants.
2° Si une nécessité indispensable nous oblige d'aller dans le monde, il faut avant de nous y exposer nous prémunir contre le danger, comme une personne qui, devant aller dans un lieu empesté ou auprès d'un malade attaché d'une maladie contagieuse, prendrait des précautions contre la peste ou la contagion. Nous devons nous rappeler quelques maximes de l'Écriture les plus propres à nous inspirer du mépris pour les vanités du siècle, à nous affermir contre les scandales du monde, par exemple, les malédictions que Jésus-Christ a lancées contre le monde : " Malheur au monde ! " (Mt 18, 7), ou ces paroles de l'Apôtre saint Jean, " Le monde passe et sa concupiscence..." (1 Jn 2, 17). " La figure de ce monde s'évanouit " (1 Co 7, 31), etc.
Nous devons surtout recourir à Dieu et lui demander la Grâce de ne nous point laisser succomber dans les tentations auxquelles nous allons être exposés dans le monde, lui disant avec David, " Seigneur, détournez mes yeux de la vanité du siècle ; ne permettez pas que le poison de sa corruption entre jamais dans mon cœur " (Ps 118, 37).
3° S'il est nécessaire de prendre des précautions avant d'entrer dans le monde, à plus forte raison faut-il en prendre encore davantage quand on y est. C'est alors qu'il faut veiller sur soi-même et sur tous ses sens avec plus d'attention, pour ne rien faire, rien dire, ni rien voir, qui puisse blesser notre conscience. C'est alors qu'il faut se tenir plus étroitement uni à Dieu sans le perdre de vue, comme un enfant qui, marchant sur le bord d'un précipice ou dans un lieu plein de monstres et de serpents, demeurerait attaché au côté de sa mère, la tenant par le main sans la quitter d'un seul instant. Ce n'est que par cette étroite union avec Dieu et cette attention sur soi-même qu'on peut se garantir des pièges qui nous sont tendus par le monde ; et pour peu qu'on perde Dieu de vue ou qu'on cesse de veiller sur soi-même on risque tout. Car comment résister à tant d'objets séduisants qui se présentent de tous côtés à nos yeux ? Un seul regard est capable de nous perdre. Or, quand le monde étale devant nous ses pompes séduisantes, souvenons-nous que c'est le démon qui veut nous séduire par cet appareil, comme il fit à l'égard de Jésus-Christ, qu'il tenta en lui faisant voir d'un coup d'œil tous les Royaumes de la terre avec tout l'éclat de leur beauté et de leurs richesses, lui promettant tout cela s'il l'adorait (Mt 4, 8-9).
Oui, quand nous voyons l'éclat et la magnificence des bâtiments, des vêtements, des meubles des gens du siècle et leurs manières enjouées, leur air gracieux, pensons que c'est le démon qui nous montre tout cela pour nous tenter. Répondons-lui donc avec le Sauveur : " Retire-toi, Satan ! Il est écrit : Vous adorerez le Seigneur votre Dieu, lui seul. Tous ces faux biens ne me détacheront jamais de mon Dieu. J'ai renoncé dans mon Baptême aux pompes et aux vanités du monde pour suivre Jésus-Christ pauvre et humilié. Je renonce volontiers aux biens de la terre pour ceux du Ciel. Je préfère les richesses spirituelles de la Grâce à tous les trésors du monde. Hélas ! qu'est-ce que tous les avantages de la vie présente ? Une fumée, une poussière, un néant. Voudrais-je donc perdre un bonheur éternel pour une fortune périssable et pour des plaisirs d'un moment ? ".
Lorsque nous voyons dans le monde des personnes qui en sont infatuées, qui l'aiment, qui s'y attachent, qui ont un air et des manières mondaines, en un mot, qui ont l'esprit du monde, soyons sur nos gardes ; fermons l'entrée de notre cœur, de peur que ce malheureux esprit ne s'y insinue, car la seule vue de ces personnes peut inspirer à une âme faible les sentiments du monde. Ayons horreur de tout ce qui se ressent de l'esprit du monde. Gémissons sur l'aveuglement de ceux qui le suivent. Prions le Seigneur qu'il leur ouvre les yeux pour leur en découvrir le néant. Enfin, les personnes qui vivent dans le monde doivent souvent se rappeler cette maxime de saint Paul : " Que ceux qui usent de ce monde soient comme n'en usant pas ! Que ceux qui achètent soient comme s'ils ne possédaient rien " (1 Co 7, 30-31). C'est-à-dire qu'ils ne doivent s'attacher à rien qu'à Dieu seul regarder toutes les choses du monde en passant comme un voyageur et un étranger. _________________ Christus heri, hodie ipse et in aeternam-SEMPER IDEM(Heb.XIII/viii)
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Posted: Tue 18 Dec - 19:24 Post subject: Morale janséniste de Jean-Martin Moye... |
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Chapitre XVIII
Ce qu'on doit faire
après avoir été dans le monde
Quelque précaution qu'on prenne, il est presqu'impossible d'aller dans le monde sans y faire quelque faute. " Chaque fois que je me suis trouvé parmi les hommes ", dit l'auteur de l'Imitation, " j'en suis toujours retourné moins homme " (Imitation I, ch. 20, 6). Aussi les gens de bien même ont souvent à se reprocher quelque chose au sortir d'une conversation qu'ils ont eue avec le monde. Ce que l'on doit donc faire en revenant d'une compagnie ou d'une assemblée où la nécessité, ou le commerce de la vie, ou la bienséance nous a engagé, c'est de s'examiner sérieusement pour voir les fautes qu'on y a faites, de s'en humilier, mais surtout de voir dans cet examen si notre cœur n'a pas contracté quelqu'inclination pour le monde et s'en défaire aussitôt, et si les maximes du monde que nous avons entendues ont fait quelqu'impression sur notre esprit. Nous devons nous en désabuser en nous rappelant celles de l'évangile qui leur sont opposées. En un mot, au sortir du monde on doit secouer la poussière de ses souliers (Mt 10, 14) en purifiant son âme de toutes les souillures qu'elle y a contractées. On doit effacer de son imagination les idées des choses qu'on a vues dans le monde et le souvenir de celles qu'on y a entendues, et jusqu'à la moindre affection mondaine qui aurait pu s'y glisser. Sans cela la fréquentation du monde ne manquera pas d'être très préjudiciable à ceux mêmes qui n'ont aucune mauvaise intention en y allant, ou qui sont même obligés de s'y trouver.
J'ai connu, et je vois encore tous les jours, des personnes qui ont de la piété et de la religion, mais il est aisé de voir que le commerce qu'elles ont avec les gens du monde altère beaucoup la pureté de leurs mœurs. Elles l'ont en partie, mais leurs sentiments ne sont pas entièrement conformes à l'évangile sur bien des articles. Elles approchent de la façon de penser des gens du monde ; elles ne rejettent pas absolument les principes du siècle : se faire honneur, se procurer ses commodités, etc. Elles veulent accorder la Religion avec le monde en bien des choses. Voilà le mal qui arrive comme nécessairement du commerce que l'on a avec les mondains. À force d'entendre leurs maximes et de voir leurs exemples on s'y accoutume ; et elles s'insinuent peu à peu dans l'esprit et le cœur, surtout si elles viennent de personnes qui nous sont chères, comme des parents, des amis, des protecteurs, des bienfaiteurs. _________________ Christus heri, hodie ipse et in aeternam-SEMPER IDEM(Heb.XIII/viii)
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Posted: Tue 18 Dec - 20:04 Post subject: Morale janséniste de Jean-Martin Moye... |
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QUATRIÈME TENTATION :
l’impatience dans le travail, les emportements,
les jurements, et les imprécations
Le démon et le monde persuadent aux jeunes gens qu’il faut se mettre en colère et jurer pour exciter les animaux, que sans cela ils ne viendront à bout de rien. Erreur, abus ! Il y a eu de saints laboureurs, de saints artisans, qui ont toujours eu horreur du jurement, et il y en a encore à présent de vertueux qui ne jurent jamais. Cependant ils font leur ouvrage, ils labourent, ils moissonnent, ils remplissent leurs devoirs. Au lieu de jurer ils prient Dieu, ils bénissent Dieu dans leur travail, ils l’offrent à Dieu, ils en souffrent les rigueurs en esprit de pénitence. Ne sont-ils pas plus heureux, plus contents, que ces malheureux qui s’emportent, qui jurent et blasphèment le saint Nom de Dieu ? C’est le démon qui porte à cela, car il excite ses esclaves à blasphémer, à jurer contre Dieu ; et le Saint-Esprit qui habite dans les justes les porte à prier, à bénir, et à louer le Seigneur en tout temps et en tous lieux.
Ainsi, chrétienne jeunesse, changez vos jurements en prières, vos imprécations en bénédictions. Accoutumez-vous à prier sans cesse(...). Et chaque fois que vous entendrez jurer les autres, vous offrirez à Dieu en réparation les adorations, les louanges.(...)
Comme c’est surtout dans le temps de la jeunesse que les passion sont plus vives, c’est aussi dans cet âge qu’il faut s’appliquer à les connaître, à les vaincre, et à les dompter par la mortification intérieure et extérieure et par la pratique des vertus contraires. Car quand les passions sont encore faibles et naissantes on peut les vaincre aisément, ainsi qu’on peut plier un arbre quand il est encore jeune et tendre. Mais au lieu de résister à ses passions on les suit, on les contente. Elles se fortifient de telle sorte qu’elles nous maîtrisent, nous tyrannisent, nous réduisent en servitude. Et tout le reste de la vie on est esclave de ses passions, et elles nous précipitent dans toutes sortes de crimes et de désordres. Mais si un jeune homme s’est appliqué à vaincre ses passions dès qu’elles se sont fait sentir, dès leur naissance, il sera maître de lui-même, il aura la paix du cœur, il mènera une vie réglée, il sera saint et parfait. Car le vrai moyen de parvenir à la sainteté, qui est l’exemption de corruption, c’est la mortification des passions, c’est-à-dire, de nos mauvaises inclinations qui nous corrompent. _________________ Christus heri, hodie ipse et in aeternam-SEMPER IDEM(Heb.XIII/viii)
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Posted: Tue 18 Dec - 21:09 Post subject: Morale janséniste de Jean-Martin Moye... |
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INSTRUCTION POUR LES HOMMES
L’usage du mariage est non seulement permis, mais saint, puisque Dieu l’a établi et que Jésus-Christ l’a sanctifié. Mais pour cela,(...) il faut que tout se passe décemment, qu’on se propose une bonne fin, telle que la propagation du genre humain, la multiplication des fidèles et des adorateurs du vrai Dieu, ou la justice en rendant à son époux, à son épouse, le devoir qu’on lui doit, ou la paix, l’union, la charité, pour se délivrer de la tentation et éviter de tomber dans quelque péché contraire à la sainte vertu de pureté, en éteignant dans l’usage d’un légitime mariage les feux de la concupiscence. Cependant, l’acte du mariage, quoique bon en lui-même quand tout se passe comme il convient à des saints et à des chrétiens, et qu’on se propose une bonne fin, qu’on ne se permette que ce qui est permis et que ce qu’il faut pour le consommer, qu’on en use dans les temps et les circonstances convenables sans donner lieu de scandale à personne.
Cet acte devient criminel et péché mortel,
1° quand c’est une passion criminelle qui en est le principe, qu’on y met toute son affection, son bonheur, sa félicité, qu’on préfère son plaisir à son Dieu et à son salut. C’est pourquoi l’écriture nous apprend que les sept époux de Sara furent étouffés par le démon, en punition de la passion infâme qui les inspirait dans l’usage du mariage.
2° L’acte du mariage est toujours péché mortel toutes les fois qu’on empêche la génération, ou qu’on nuit notablement au fruit déjà conçu. Ce premier péché est celui de Het et d’Onan, que Dieu punit de mort, parce que, dit l’écriture, ils faisaient une chose détestable, parce qu’ils usaient du mariage d’une manière contraire à la génération.
3° Quand on exige ou qu’on rend le devoir du mariage d’une manière contraire à la nature et dans une situation notablement indécente, surtout quand elle empêche la conception.
4° Les attouchements qui se font en vue de l’union des époux, et qui se rapportent à la consommation du mariage, sont permis, mais ils sont criminels s’ils se font pour satisfaire une passion brutale, surtout s’il s’agit de fouiller l’un ou l’autre des époux. Voilà pourquoi l’Église, en bénissant les époux, demande pour eux qu’ils évitent les attouchements illicites ; cependant on ne regarde que comme péchés véniels ceux qui ne sont que momentanés et sans danger de souillure.
5° Les libertés honnêtes, les baisers, les familiarités décentes sont permises entre les gens mariés, pourvu qu’ils se fassent avec bonne intention, comme pour entretenir la paix, l’union, l’amitié, etc. ; mais des libertés infâmes sont des péchés abominables.(...)
6° Ce n’est pas la vue du plaisir charnel qui doit unir les époux ; ils doivent se proposer des motifs plus chrétiens. C’est toujours pécher que d’user du mariage par le motif du plaisir sensuel. C’est péché mortel quand on y met sa fin dernière, et péché véniel quand on n’y est pas si attaché qu’à sa fin, de sorte qu’on préfère toujours Dieu et son salut à cela et à toute autre chose, et qu’on soit prêt à tout quitter et à tout sacrifier plutôt que de commettre un péché mortel pour quelque plaisir et quelque intérêt que ce soit. Le sentiment de la concupiscence n’est pas péché en soi-même, mais il est dangereux qu’on s’y laisse trop aller et que la chair ne domine sur l’esprit. Voilà pourquoi les grâces du sacrement sont si nécessaires aux époux pour vaincre les tentations de la concupiscence. Il est quelquefois plus aisé de s’abstenir tout à fait du mariage que d’en user sobrement et chrétiennement. Les deux grands apôtres saint Pierre et saint Paul, éclairés et inspirés des lumières de l’Esprit-Saint, ont pris grand soin d’instruire les fidèles des devoirs du mariage. Saint Pierre dit que les maris doivent habiter avec leurs épouses selon la science, c’est-à-dire qu’ils doivent savoir ce qui est permis et ce qui ne l’est pas, ce qui convient et ce qui ne convient pas, qu’ils doivent respecter le corps de leurs épouses - impartientes honorant (1 P 3, 7), - parce qu’elles participent à la même grâce et qu’elles sont destinées à la même gloire. En effet, le corps de la femme, aussi bien que celui du mari, est consacré (...) dans le baptême, et encore plus par la sainte eucharistie. Le chef des apôtres a donc bien raison de dire qu’il faut le respecter. Malheur donc à ces maris brutaux, qui, sans avoir aucune considération pour le caractère du baptême et la dignité de chrétien dont leurs femmes sont honorées aussi bien qu’eux, ne les envisagent que comme l’objet de leur sensualité et abusent de leurs corps pour satisfaire leurs désirs criminels et leurs détestables passions. Ce n’est pas là respecter le corps de leurs femmes comme Dieu l’ordonne ; mais c’est en abuser, c’est le profaner, c’est le déshonorer, c’est se dégrader et s’avilir au-dessous des bêtes.
Saint Paul dit aussi que le mariage est honorable en tout, à tous égards. Il faut donc que les époux se comportent décemment et honorablement dans tous les devoirs du mariage. Il dit encore que chacun sache posséder le vase de son corps en honneur et en sainteté. (...) _________________ Christus heri, hodie ipse et in aeternam-SEMPER IDEM(Heb.XIII/viii)
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Jacobus Faber Modérateurs
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Posted: Tue 18 Dec - 21:40 Post subject: Morale janséniste de Jean-Martin Moye... |
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Eh bê... _________________ Verbum Dei manet in aeternum.
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Athanasius Administrateurs

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Posted: Tue 18 Dec - 21:43 Post subject: Morale janséniste de Jean-Martin Moye... |
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Défauts ordinaires des hommes
Un des défauts les plus communs aux hommes, c’est la négligence du salut et l’attache au temporel. " Que sert à l’homme ", dit Notre-Seigneur dans l’évangile, " que sert à l’homme de gagner l’univers, s’il vient à perdre son âme ? ". Il n’y a qu’une chose nécessaire, qui est de servir Dieu et de faire son salut. Tout le reste n’est rien en comparaison. L’affaire du salut est la première et la plus importante ou, pour mieux dire, l’unique affaire. Elle devrait par conséquent marcher avant toutes les autres. Quel aveuglement de donner tous ses soins au corps et de négliger l’âme, d’être si occupé des affaires du monde, qui ne sont que des bagatelles, et de négliger la grande affaire du salut ! Quelle stupidité de travailler avec tant d’assiduité pour la terre, et de ne pas faire un pas pour le ciel, de s’occuper si fortement du temps et du temporel, et d’être si indifférent pour le spirituel et l’éternité ! Quelle folie de tant craindre les maux passagers de cette vie, et d’appréhender si peu les peines éternelles de l’enfer ! Quel endurcissement de s’attacher à la terre, et de ne pas désirer le ciel !
Voilà cependant comme sont la plupart des hommes qui vivent sur la terre ! Toutes leurs pensées, leurs désirs, leurs affections se portent vers les biens, les plaisirs, et les intérêts temporels, et ils sont dans la plus mortelle indifférence pour le salut éternel. Quand il s’agit de quelque intérêt, de quelque argent, d’un avantage terrestre, ils sont tout de feu. Mais s’il s’agit de la gloire de Dieu et du salut de leur âme, ils sont tout de glace. Point de goût pour la prière, pour la parole de Dieu, pour les bons livres, pour approcher des sacrements. A peine a-t-on commencé une prière qu’on voudrait l’avoir finie. À peine est-on entré dans l’église qu’on voudrait en sortir. La prédication, l’office divin, et les exercices de piété sont toujours trop longs. Une heure passée à l’église leur paraît insupportable, tandis qu’ils passeront un après-midi et quelquefois des nuits entières au cabaret. (...) Voilà pourquoi ils n’ont plus que de l’indifférence et de l’éloignement pour Dieu, pour les sacrements, et pour tous les exercices de religion. Ô enfants des hommes, s’écriait David, jusques à quand serez-vous dans l’aveuglement pour n’aimer que la vanité ? Quittez tout, renoncez à tout, détachez-vous du monde, et vous trouverez tout en Dieu. Vous y trouverez votre consolation, votre bonheur, votre paix, votre félicité, car nous sommes créés pour Dieu, et nous ne serons jamais heureux qu’en le possédant. Tous ceux qui mettent leur fin dernière dans la créature et qui s’y attachent comme à leur félicité sont dans l’état de péché mortel, et incapables de recevoir dignement aucun sacrement. Ils sont dans un état de damnation, puisqu’ils préfèrent la créature au Créateur, la terre au ciel, le temps à l’éternité, le corps à l’âme, le temporel au spirituel, et un bonheur d’un moment à un bonheur éternel.
Voilà cependant le malheur de bien des gens qui se livrent tout au monde et aux affaires du monde, et qui vivent dans une pitoyable négligence du salut. Il y en a un grand nombre qui renoncerait volontiers à la félicité éternelle pour jouir en ce monde d’une félicité temporelle. Ces sortes de gens ont perdu la charité et même l’espérance, qui consiste à se détacher des biens de la terre pour soupirer après ceux du ciel. Ainsi, mes frères, souvenez-vous des paroles de l’Apôtre : " N’ayez plus goût pour les choses de la terre; que toute votre ardeur se porte vers les choses célestes ". Levez sept fois par jour les yeux au ciel et demandez que Dieu attire vers lui vos regards, vos pensées, vos affections, vos esprits, et vos cœurs, qu’il vous prépare une place parmi les élus, et qu’il vous fasse la grâce de la mériter par une vie sainte, fervente, et pleine de bonnes œuvres. Détachez-vous du monde selon ces paroles de saint Paul : " Que ceux qui usent du monde soient comme n’en usant pas, et que ceux qui achètent soient comme ne possédant rien ". Pourquoi ? " C’est ", dit le même apôtre, " que le temps est court, et que la figure de ce monde passe rapidement " (1 Co 7, 29-31).
C’est aussi ce maudit intérêt qui fait perdre aux hommes le fruit de leurs travaux, car la plupart des hommes ne travaillent que par intérêt et par passion, et non par religion. Ainsi leurs travaux, étant faits par des vues passionnées, deviennent criminels, et au lieu de mériter une récompense pour le ciel, ils méritent un châtiment dans l’enfer. Au lieu d’expier leurs péchés en supportant avec patience les rigueurs et les incommodités du travail dans des vues de pénitence et de religion, ils augmentent le nombre de leurs crimes, parce qu’ils ne travaillent que par orgueil, par ambition, par vanité, par ostentation, ou par sensualité, pour avoir de quoi contenter leurs passions.
Un second défaut ordinaire aux hommes, ce sont les injustices. L’avarice, qui est chez eux une passion dominante, les porte à toutes sortes de péchés, à des injustices, à des vols, à des rapines, à des procès, à des haines et des divisions, car le malheureux intérêt met la discorde dans les familles ; il divise le frère d’avec le frère ; il fait que les enfants en viennent à ce point d’ingratitude qu’ils méconnaissent leurs parents mêmes. Il y a quelquefois des fils assez dénaturés pour désirer la mort de leur père afin de jouir de son héritage. De là cette joie secrète et maligne qu’ils ressentent quand ils apprennent le décès d’un proche qui leur laisse des biens. Quand on est possédé de cette cruelle passion d’avarice il n’y a point de crime dont on ne soit capable. On met son bonheur et sa félicité dans les biens de ce monde ; on en fait son idole et son Dieu. Si on les perd ou si on ne peut les acquérir on est au désespoir. On les estime, on les désire avec une soif, une ardeur incroyable. On les quitte avec le plus vif regret. On est plus sensible à la perte d’un procès, d’un animal, ou d’un peu d’argent qu’à la perte de la grâce, du ciel, et de Dieu même. On veut acquérir et conserver les biens temporels à quelque prix que ce soit : on emploie pour cela les moyens les plus illicites, usure, fourberie, mensonge, parjure. Rien ne coûte ; les plus grands crimes ne font pas horreur quand il s’agit des intérêts de la fortune ; on s’aveugle sur tout ; on se fait une conscience à sa mode pour prendre ou retenir le bien d’autrui ; on empiète sur le terrain de son voisin ; on endommage ses héritages et ses meubles ; on gâte ses champs, on mange ses prairies, on dévaste ses moissons ; on retient le salaire des domestiques et des ouvriers ; on refuse de rendre les choses trouvées ; on suscite des querelles, on intente des procès. _________________ Christus heri, hodie ipse et in aeternam-SEMPER IDEM(Heb.XIII/viii)
http://blog-confessant.blogspot.com/
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